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Le gouvernement Ayrault se veut vertueux.

Chaque nouveau gouvernement promet d'être exemplaire et celui de Jean Marc Ayrault comme les autres. Les Français sont échaudés et ils ne croient plus à ces promesses qui ne sont jamais tenues. Toutefois il faut espérer que les actes seront conformes aux paroles, la démocratie a tout à y gagner à un moment où le divorce entre le pouvoir et le peuple n'a jamais été aussi grand.  Alors que tous les membres du gouvernement ont dû signer lors du premier conseil des ministres une charte de déontologie énonçant de grands principes auxquels tous sont censés se conformer, Jean-Marc Ayrault s'est voulu intransigeant vendredi sur le respect de cette charte : il a assuré que tout ministre qui serait pris en faute serait renvoyé. Un ministre qui ne respecte pas la charte "ne sera plus ministre", a assuré le chef du gouvernement sur France Inter. Jean-Marc Ayrault a par ailleurs réaffirmé l'interdiction, pour ses ministres, de cumuler un mandat exécutif local avec un poste au gouvernement. Ceux-ci pourront conserver un poste d'élu local, a-t-il précisé. "On peut rester élu local, moi je vais rester conseiller municipal de Nantes", a-t-il dit. S'agissant de la date exacte à laquelle lui-même compte allait abandonner son mandat de maire, fonction qu'il occupe depuis 1989, il a précisé que cela se ferait "en fonction des dates des assemblées locales. Donc ce sera plutôt courant juin ou fin juin au plus tard". Et d'insister : "à la fin du mois de juin (...) il n'y aura pas un seul ministre ou une seule ministre qui sera chef d'un exécutif local ou qui sera même adjoint ou président d'une société locale ou d'un office d'HLM, il pourra rester s'il le souhaite simple conseiller". Cette règle de non cumul est aussi un des volets de la charte déontologique signée par les 34 membres du gouvernement. Le Premier ministre a également recommandé aux ministres de faire preuve de la "plus grande sobriété" dans leur comportement et de séparer strictement dépenses publiques et privées. Ceux-ci devront remplir une déclaration d'intérêts, qui sera rendue publique dans les prochains jours.  

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La croissance marocaine est restée soutenue malgré la crise.

La directrice adjointe du Fonds monétaire international (FMI) Nemat Shafik, en visite de travail depuis lundi au Maroc, a indiqué que l'activité économique dans le royaume reste l'une des « plus fortes Â» de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena). Dans une interview accordée à la MAP, celle-ci a affirmé que l'année 2013 au Maroc sera « marquée notamment par un rebond de la production agricole et dans les secteurs manufacturier et du tourisme Â», après une mauvaise année 2012. Comme ses voisins, le Maroc bénéficiera d'une reprise économique attendue dans la zone euro en 2013. En 2013, le FMI prévoit pour le pays l'un des taux de croissance les plus élevés de la région avec une augmentation de 4,3% du PIB par rapport à 2012. Toutefois, ces informations restent à confirmer car pour l'année 2012, après avoir été estimée à 5%, puis 4,2%, la croissance économique a finalement été ramenée à 3%, d'après les dernières estimations de la Banque du Maroc. Dans un rapport provisoire publié la semaine dernière, le Haut-commissariat au Plan (HCP) affirme, lui, que le PIB du Maroc n'a progressé que de 2,2% au premier trimestre 2012. La crise dans la zone a eu un « effet modérateur Â» sur l'activité économique dans certains pays de la région. La baisse du tourisme, des flux commerciaux et des investissements a contribué au ralentissement économique du Maroc comme de la Tunisie puisque ces deux pays « dépendent de l'Europe pour plus de 80% de leurs envois de fonds totaux, ajoutant que l'Europe est aussi la destination pour environ 60% des exportations du Maghreb, la source de 80 à 90% de ses revenus du tourisme, et d'environ 80% de son investissement direct total. Â» Nemat Shafik, qui rencontrera des responsables du gouvernement, a également mis en avant, lors de l'ouverture d'une conférence régionale, le projet de création de l'institution région « Arabstat Â». Selon elle, cette institution sera capable d'améliorer les systèmes statistiques et de promouvoir la coopération régionale entre les pays arabes. « Promouvoir la bonne qualité des données et la transparence est une chose très importante pour l'élaboration des politiques économiques Â», a-t-elle souligné lors de son interview. Enfin voilà une bonne nouvelle, la compagnie Pura Vida Energy est convaincue que le royaume chérifien sera un prochain exportateur de pétrole et de gaz. La compagnie australienne qui mène des opérations de forages au Maroc a revu à la hausse le potentiel pétrolier du royaume. D'après l'agence Ecofin, les réserves de pétroles dans le seul gisement de Mazagan, au large des côtes ouest du pays sont évaluées à « 3,2 milliards de barils de pétrole Â». Déjà en avril, Pura Vida Energy affirmait que le Maroc à la capacité de devenir « un pays exportateur de gaz de pétrole comme son voisin algérien Â».  

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La question Touareg peut déstabiliser encore plus la Libye.

C'est une erreur de croire que la question Touareg ne concerne que le nord du Mali. En réalité toute la sous région est à considérer pour comprendre la complexité du dossier, notamment l'Algérie, la Libye et, à un degré moindre, la Tunisie. Sept personnes ont été tuées mercredi lorsque des hommes armés ont attaqué Ghadamès, une ville du sud libyen proche de la frontière avec l'Algérie et la Tunisie, a annoncé le porte-parole du gouvernement. La vieille ville de Ghadames "Il y a eu des affrontements dans la ville de Ghadamès. Malheureusement, sept personnes ont été tuées et plus de 20 autres blessées", a déclaré Nasser al-Manaa à la presse, précisant que les combats avaient éclaté à l'aube et s'étaient concentrés autour de l'aéroport. Six des personnes tuées étaient des assaillants, et le septième un habitant de Ghadamès, une ville située à environ 600 km au sud-ouest de Tripoli. Ce bilan a été confirmé par un responsable médical local. M. Manaa n'a pas donné de détails sur l'identité des assaillants, mais assuré que l'armée avait pris position dans la ville et que la situation était désormais sous contrôle, tandis que le ministère de la Santé se chargeait de fournir une assistance d'urgence. Selon des dirigeants locaux de Ghadamès, les assaillants appartenaient à la communauté des Touaregs, Libyens à la peau noire accusés d'être des partisans de Mouammar Kadhafi qui ont été violemment chassés de plusieurs villes, y compris Ghadamès, après la chute du dirigeant libyen en 2011. "Un groupe de Touaregs a bombardé la ville à la roquette, obligeant certaines familles à s'enfuir", a déclaré à l'AFP Saraj al-Din Boubakeur, chef du conseil local. La ville de Ghadamès, surnommée la "Perle du désert", est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Selon un autre dirigeant local, des habitants de la ville ont mis le feu à deux maisons et quatre véhicules dans un quartier majoritairement peuplé de Touaregs, dans la foulées des violences. Un haut gradé de l'armée a exclu l'hypothèse que les troubles aient été déclenchés par des acteurs étrangers ayant pénétré en Libye. "Nous ne sommes pas informés de l'entrée d'une quelconque partie étrangère" a indiqué le porte-parole de l'arméer Alio al-Cheikhi, soulignant que la zone était surveillée par des patrouilles aériennes régulières, précisant qu'un comité de réconciliation avait commencé à contacter les communautés concernées dans l'espoir d'apaiser les tensions.  

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Le vieillissement de la population maghrébine pose problème.

Moteur du printemps arabe, la jeunesse est au centre de toutes les attentions. EnTunisie, mais aussi en Algérie et au Maroc, les effectifs de la classe d'âge des 15-24 ans sont à un sommet historique et les arrivées sur le marché du travail et celui du logement n'ont jamais été aussi élevées. Chômage massif, pénurie de logements, l'insertion est difficile pour cette jeunesse et la frustration très vive. Mais la transition démographique en cours comprend également deux autres facteurs qui méritent attention, la chute de la fécondité et l'allongement de l'espérance de vie. En 1970 au Maghreb, le taux de fécondité était de l'ordre de 7 enfants par femme ; en 2010, dans les trois pays il est proche de 2 enfants par femme. Au cours de la même période les espérances de vie dans les trois pays du Maghreb s'élevaient très rapidement, d'environ 53-55 ans à 71-74 ans. Ainsi, un autre mouvement démographique se dessine, celui du vieillissement de la population : les effectifs des classes jeunes vont diminuer, celles des classes âgées augmenter. La comparaison avec la démographie française révèle l'intensité et la rapidité de ce vieillissement : de 1980 à 2040, soit en soixante ans, la dépendance démographique de la France (le rapport des 65 ans et plus aux 15-64 ans) devrait être multipliée par deux, passant de 20 à 40 %. En seulement trente ans, de 2020 à 2050, la dépendance démographique du Maghreb serait multipliée par trois (de 10 à 30%). Quelle est la situation économique actuelle des personnes âgées au Maghreb ? Les pays du Maghreb disposent de régimes de retraite aussi bien pour le secteur public que pour le secteur privé. Ils ont été mis en place pour les fonctionnaires à la fin du XIXe ou début du XXe siècles par la France. Pour le secteur privé, l'instauration de régimes obligatoires de retraite n'est intervenue qu'en Algérie et tardivement en 1953. Après l'indépendance, les gouvernements des trois pays consolident les régimes en place et, lorsqu'ils n'existent pas, mettent en place des régimes obligatoires pour le privé. Les régimes maghrébins fonctionnent en répartition, financés par des cotisations, employeurs et salariés, assises sur les salaires. Le fonctionnement de ces régimes est identique aux régimes de base français tels que ceux de la CNAV ou le régime des fonctionnaires, avec des différences du même ordre entre privé et public. Dans les trois pays, l'âge légal d'ouverture des droits à la retraite est de 60 ans. La pension d'un retraité représente, selon nos estimations, environ 50% du salaire moyen dans les trois pays, mais comme toute moyenne celle-ci cache de très fortes disparités entre public et privé, entre hommes et femmes et selon la nature de la carrière. L'inégalité la plus forte oppose ceux qui sont couverts par un régime de retraite à ceux qui dans le secteur informel n'ont par définition jamais cotisé. En 2008, moins de la moitié des 60 ans et plus bénéficiaient d'une couverture retraite en Algérie et en Tunisie, mais un sur quatre seulement au Maroc. Parmi les artisans, commerçants, agriculteurs, rares sont ceux qui cotisent. Mais dans les sociétés maghrébines, la solidarité intergénérationnelle se manifeste d'abord au-delà des systèmes de retraite, en particulier par la cohabitation des générations dans un même logement : dans les trois pays, près de 90% des personnes âgées vivent avec leurs enfants. L'aide financière des enfants, notamment émigrés, constitue par ailleurs la première source de revenu de la population âgée au Maroc et en Tunisie. Le vieillissement attendu dans les prochaines décennies porte en germe deux défis, l'équilibre des régimes actuels et l'extension de la couverture. Les régimes de retraite vont voir le nombre de retraités augmenter plus vite que celui de leurs cotisants mettant ainsi en péril leur équilibre financier probablement à très court terme pour certains régimes, à un horizon plus lointain (2040) pour d'autres. Au cours de la dernière décennie, les caisses de retraite ont commencé à adopter des décisions que l'on connaît bien en Europe : relèvement des taux de cotisation, suppression des retraites anticipées, durcissement du mode de calcul du salaire de référence. Le gouvernement marocain a engagé un débat pour élaborer une réforme des retraites, l'Algérie et la Tunisie y pensent. Le relèvement de l'âge de la retraite est lui aussi au centre des discussions. Le second défi, celui de l'extension de la couverture retraite, est inédit. Quels en sont les termes ? L'arrivée des classes nombreuses sur le marché du travail conduit au développement de l'emploi informel, et si rien ne change une grande partie de ces classes d'âge ne disposeront d'aucune couverture retraite à 60-65 ans. A la différence des générations précédentes, ces générations ont deux enfants. La solidarité familiale sera plus difficile avec deux enfants qu'avec 7, d'autant que l'évolution en cours conduit à adopter le modèle familial nucléaire. On peut penser que confronté à de nouveaux modes de vie ce modèle nucléaire, plus mobile et affranchi des contraintes traditionnelles, soit de moins en moins apte àprendre en charge des personnes âgées qui de surcroit vivront plus longtemps. L'extension de la couverture retraite devient dès lors une nécessité. Comment l'étendre ? Les régimes de retraite des pays maghrébins reposent exclusivement sur une affiliation professionnelle, formule inadaptée aux emplois de l'informel caractérisés par des revenus faibles et hors de toute réglementation. Certains pays d'Amérique latine ou d'Afrique ont mis en place des pensions universelles ou des pensions ciblées sur les personnes âgées les plus pauvres. Des voies nouvelles sont peut-être à inventer, adaptées aux structures économiques et sociales du Maghreb, en couplant par exemple l'adhésion à un régime de retraite aux effets lointains à des incitations à effets immédiats, dans le domaine du logement ou de la santé. Par Mehdi Ben Braham maître-assistant à l'université de Tunis Carthage, chercheur au LEGI, école polytechnique de Tunisie et membre du réseau ESIRAMed (Economie sociale, investissement responsable et assurance en Méditerranée)  

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